A Asnières, l’urgence climatique mérite mieux que la répression.

Chaque été apporte son lot de records de chaleur. Chaque année, les épisodes de canicule sont plus longs, plus fréquents et plus intenses. Le dérèglement climatique n’est plus une menace lointaine : il est déjà là et frappe durement les habitants de notre ville. Face à cette réalité, que fait la municipalité de Manuel Aeschlimann ? Bien peu de choses. Pire encore, elle semble n’avoir qu’une seule réponse à apporter : la répression.
Alors que les fortes chaleurs rendent certains quartiers d’Asnières particulièrement difficiles à vivre, notamment dans les secteurs les plus populaires où le béton domine et où les espaces de fraîcheur sont insuffisants, la municipalité préfère communiquer sur les sanctions liées à l’ouverture des bouches d’incendie plutôt que de s’attaquer au problème de fond. Personne ne conteste les risques liés à l’ouverture sauvage des bouches d’incendie. Mais chacun comprend aussi pourquoi certains jeunes cherchent par tous les moyens à échapper à une chaleur devenue parfois insupportable. Une politique responsable consisterait à proposer des alternatives. Une politique responsable consisterait à protéger plutôt qu’à punir.
C’est d’ailleurs ce que font d’autres villes. À Gennevilliers, des dispositifs d’aspergeurs d’eau sont installés dans les quartiers pendant les périodes de fortes chaleurs. Ils viennent compléter les fontaines existantes et créent de véritables espaces de fraîcheur accessibles à tous. Les enfants peuvent y jouer, les familles s’y retrouver, les habitants y trouver un peu de répit.
À Asnières, rien ou presque.
Mais le problème dépasse largement la question des dispositifs de fraîcheur dans l’espace public. Car où est la stratégie municipale face à la canicule ? Comment la ville prépare-t-elle ses écoles à des températures qui atteignent parfois des niveaux insupportables dans les salles de classe ? Quels investissements sont prévus pour protéger les élèves et les personnels ? Quel accompagnement est proposé aux résidents des EHPAD et des structures accueillant des personnes âgées ? Quels moyens sont mobilisés pour repérer et soutenir les personnes isolées ou vulnérables ?
Autant de questions auxquelles la municipalité ne répond pas.
Cette absence de vision est particulièrement préoccupante. Car la canicule n’est pas un accident. Elle est désormais une conséquence directe des choix politiques qui ont conduit à l’aggravation de la crise climatique. Refuser de préparer la ville à cette nouvelle réalité, c’est abandonner les habitants face à ses conséquences. Les premières victimes sont toujours les mêmes : les familles populaires, les personnes âgées, les travailleurs exposés à la chaleur, les enfants, celles et ceux qui disposent du moins de moyens pour se protéger.
Nous refusons cette fatalité.
Nous exigeons un véritable plan municipal d’adaptation aux fortes chaleurs : multiplication des espaces de fraîcheur, développement des fontaines et des dispositifs d’aspersion, végétalisation massive de l’espace public, adaptation thermique des écoles et des bâtiments municipaux, renforcement de l’accompagnement des personnes vulnérables et mobilisation accrue des services publics de proximité. Mais nous savons également que les communes ne peuvent pas agir seules. L’État doit prendre ses responsabilités. Il est urgent de lancer un grand plan national d’investissement pour adapter nos villes, nos logements, nos équipements publics et nos infrastructures aux conséquences du dérèglement climatique. Il est tout aussi urgent d’engager les transformations écologiques nécessaires pour s’attaquer aux causes du problème. Car protéger la population aujourd’hui ne dispense pas d’agir pour empêcher l’aggravation de la catastrophe climatique demain.
La canicule est devenue une question de justice sociale, de santé publique et de dignité humaine.
À Asnières comme ailleurs, nous continuerons à porter ces exigences et à nous battre pour que l’intérêt général passe enfin avant les effets d’annonce et la communication.
