Après 50 jours de mouvements populaires dans toute la Bolivie, son président, Rodrigo Paz, a déclaré un état d’urgence qui permet aux militaires de faire taire les protestations sans risques de procédure judiciaires a posteriori une pente glissante qui pourrait bien mener à une guerre civile.

Les contestations s’inscrivent dans une série de manifestations ayant lieu depuis l’élection en décembre dernier du président bolivien. En rompant les promesses faites à son électorat, en enchaînant les mises en place forcées de réformes néo-libérales, un malaise a pris place dans la société bolivienne. Le 30 Avril, la loi 1720 est mise en place, elle permet aux petits propriétaires agricoles d’hypothéquer leurs terres aux banques. Cette réforme majeure, qui met en danger la population indigène bolivienne en la précarisant et la rendant vulnérable aux velléités des grandes puissances bourgeoises, n’a pas du tout été bien reçue. De grandes manifestations ont eu lieu mettant la Bolivie à l’arrêt quasi complet depuis le 30 avril.
Les manifestations ont été, dans un premier temps, initiées par les fermiers qui ont fermé de nombreuses routes afin de faire entendre leurs revendications. Ces blocages routiers ont amené au blocage de La Paz, siège du gouvernement.
Rapidement, les mineurs, enseignants et indigènes (ponchos rouges) rejoignent les fermiers en y ajoutant leurs revendications. À partir du 12 mai, les manifestants une marche vers La Paz. Le lendemain, la loi est retirée et le ministre du Travail démissionne dans la foulée.
Mais la flamme du mécontentement a pris de l’ampleur, l’objectif affiché n’est plus seulement la suppression de la loi mais aussi la démission du président Rodrigo Paz. Alors le principal syndicat du pays, Central Obrera Boliviana (COB), fait perdurer l’appel à la manifestation. Les manifestants revendiquent l’augmentation des salaires, l’accès à un pétrole de qualité et l’augmentation des permis de miner. L’ancien président du pays, Evo Morales, organise une marche de 190 km à travers le pays pour faire augmenter la pression. Ce qui amène à la liquidation du cabinet ministériel dès le lendemain.
Face à une capitale asphyxiée depuis près d’un mois, l’État a tenté d’utiliser l’armée et la police pour débloquer la situation, sans succès. La réaction des manifestants ne c’est pas faite attendre : le lendemain, la ville d’El Alto, deuxième ville du pays, est bloquée avec l’aide de ses habitants. La montée de la pression populaire oblige le président bolivien et son gouvernement à fuir à Sucre, la capitale du pays. Il tente de calmer la colère populaire en annonçant diviser par deux son salaire et celui des ministres. La petite bourgeoisie, restée passive, s’impatiente de l’incapacité du gouvernement à faire taire le peuple. Elle s’organise alors autour de groupes ethno-nationalistes racistes et agresse les manifestants et indigènes présents dans la ville de La Paz.
Le 2 juin, la ville d’El Alto et ses représentants demandent la démission du président, entrant dans un état de défiance populaire. Cela a amené à un rejet total de la police. le gouvernement, alors dans l’incapacité de contrôler le mouvement, fait passer une loi pour autoriser l’utilisation de l’armée contre la population. Des suppositions d’ingérence étrangère sont alors relayées, telles qu’un potentiel kidnapping de l’ex-président Evo Morales par les États-Unis vers l’Argentine.
Ces manifestations n’ont pas seulement eu une portée locale, les manifestants eux sont soutenus par la Colombie et son président, alors que le gouvernement bolivien est soutenu par l’internationale fascisante de la région composée de gouvernements fascistes, populistes et libéraux, réunis derrière la bannière Shield América avec les États-Unis, l’Argent…
Sources :
https://en.wikipedia.org/wiki/2026_Bolivian_protests
https://www.france24.com/en/live-news/20260606-police-protesters-clash-in-bolivia-at-road-blockade-1
E.C
